SARAH BARAKA 

Une écriture sensible, centrée sur l’intime et les relations au monde et aux autres

” 

sarahSQ_edited.jpg

SARAH BARAKA

En rejoignant le projet Rollin(g) Stones je m’attendais à tout, je veux dire que j’étais complètement ouverte à tout ce qui pouvait arriver, prête à tout accueillir. C’est avec cette pensée et cette sensation que j’ai rencontré pour la première fois Martine et revue Valerie que je connaissais déjà d’avant. J’avais eu quelques informations et échos sur la manière dont Martine et Valerie menaient le projet et j’en avais surtout retenu : danser chez des habitant·es du quartier, les inviter à danser, danser avec elles·eux, cuisiner ensemble, rencontrer - avec pour mission celle d’écrire à partir de ces moments-là.

Un recueil sur les pratiques photo/danse/action sortira en juin 2022. Il s'agit d'une collaboration entre la chorégraphe Valerie Oberleithner, la photographe Martine Marras et l’autrice Sarah Baraka.

Lors de ma première venue au quartier Rollin j’ai fait l’expérience de comment ces rencontres s’opéraient vraiment, ça se passait de manière assez fluide, assez simple, comme on rencontre quelqu’un au café et qu’on papote ensemble. J’ai découvert avec quelle approche Valerie et Martine faisaient ces rencontres, proposaient une danse ou une séance de yoga. Je me suis aussi rendue compte de l’espace du Quartier Rollin dans lequel on évoluait, que beaucoup de personnes du quartier ne se connaissaient pas alors même qu’elles vivent à quelques minutes l’une de l’autre. Les moments vécus avec les habitant·e·s étaient à la fois forts et tout simples, il n’y avait pas d’enjeu à part d’être ensemble, de créer la rencontre, de se faire du bien. 

J’ai beaucoup réfléchi à comment amener l’écriture dans ce projet, entre danse et photo, ça ne m’a pas paru tout de suite évident. Ici, il était question de partager des moments importants pour les habitant·e·s de Rollin et c’est leur parole qu’il m’a tout de suite semblé évident de retranscrire. On devait y entendre leurs voix, elles·eux personnages principaux de ce récit. Ainsi, il était nécessaire de revenir à la rencontre, la mienne avec les habitant·e·s d’abord, que j’avais peu eu l’occasion de rencontrer lors de ma première venue. J’allais les contacter afin de les (re)rencontrer, je voulais leur demander de me raconter, à partir des photos de Martine, leur expérience sur la photo. Ce qui m’importait était de recueillir leurs mots pour dire ce qu’il·elle avait vécu au fil de ces rendez-vous. Leur regard sur ces moments me semblaient ce qu’il y aurait de plus juste pour écrire, pour raconter avec et à partir d’elles·eux.

Biographie

Parcours : Autrice, performeuse et militante féministe queer anti-raciste, je travaille (et vis) entre Lille et Bruxelles. En constante recherche d’un dialogue entre écriture et mouvement, je travaille à la création de spectacles vivants notamment en tant qu'aide dramaturgique depuis 2018. En 2017, je réalise un mémoire portant sur la performance orale en poésie au sein du Master en Danse/Pratiques Performatives à l’Université de Lille. Je traverse, la même année, diverses formes de pratiques chorégraphiques auprès de chorégraphes comme Mylène Benoît, Steven Michel ou encore Thibaud Le Maguer. A l’automne 2018, j’auto-édite un livre d’artiste intitulé DES LIES, qui parle de rupture amoureuse mais surtout du long chemin pour se retrouver soi-même à l’intérieur d’un tel événement. En édition, je collabore également la maison d’édition Les Piñatas (Lille) et Xeno- (Bruxelles). 

Motivations : Je dirais que ma pratique de l’écriture est essentiellement autobiographique et sensible, centrée sur l’intime et les relations au monde et aux autres. En 2020, je crée avec Edel Pradot, chorégraphe et danseur.euse, le Collectif MUES (Lille) pour mieux porter nos projets de spectacle, nos envies d’écriture et de fabriquer des livres. Depuis mars 2021 je travaille avec ma sœur jumelle, Lina, sur un projet de spectacle-vidéo autobiographique intitulé Okhty, « ma sœur », en arabe.